Procédure criminelle

Avocate en détention provisoire et mandat de dépôt à Paris

La détention provisoire prive de liberté une personne présumée innocente. Elle doit rester l’exception : la défense veille à ce qu’elle ne soit ordonnée ou maintenue que dans les cas prévus par la loi.

Comprendre la détention provisoire

La détention provisoire est l’incarcération d’une personne mise en examen avant son jugement. Elle est ordonnée par le juge des libertés et de la détention, à la demande du juge d’instruction, après un débat contradictoire au cours duquel l’avocat présente la défense. Elle ne peut être décidée que si le contrôle judiciaire ou le bracelet électronique sont insuffisants.

La loi énumère limitativement les motifs qui peuvent la justifier (article 144 du Code de procédure pénale) : conserver les preuves, empêcher une pression sur les témoins ou les victimes, empêcher une concertation entre co-auteurs, protéger la personne, garantir son maintien à la disposition de la justice, mettre fin à l’infraction ou prévenir son renouvellement, et, en matière criminelle, mettre fin à un trouble exceptionnel et persistant à l’ordre public.

Les durées en matière criminelle

SituationDurée maximale pendant l’instruction
Peine encourue inférieure à 20 ans2 ans
Peine encourue de 20 ans ou plus3 ans
Trafic de stupéfiants, terrorisme, association de malfaiteurs, proxénétisme, extorsion, crime en bande organisée, pluralité de crimes contre les personnes ou la Nation4 ans

Ces durées s’entendent pendant l’instruction ; elles peuvent exceptionnellement être prolongées de quatre mois par la chambre de l’instruction. Après l’ordonnance de mise en accusation, l’accusé détenu doit en principe être jugé dans un délai d’un an, susceptible de prolongations exceptionnelles.

La demande de mise en liberté

Une demande de mise en liberté peut être déposée à tout moment. Le juge des libertés et de la détention statue dans un délai de trois jours ouvrables après sa saisine. À défaut de décision dans les délais, la personne peut saisir directement la chambre de l’instruction.

Une demande efficace s’appuie sur des éléments nouveaux et vérifiables : hébergement, emploi ou formation, évolution des investigations, garanties de représentation, proposition d’un contrôle judiciaire adapté.

Le contrôle judiciaire et l’ARSE

Le contrôle judiciaire laisse la personne en liberté en la soumettant à des obligations : pointage, interdiction de paraître dans certains lieux ou d’entrer en contact avec certaines personnes, remise du passeport, cautionnement. L’assignation à résidence sous surveillance électronique (ARSE) impose de demeurer à domicile, contrôlé par un bracelet électronique, en dehors des horaires autorisés.

Le rôle de l’avocat

  • Préparer et plaider le débat contradictoire devant le juge des libertés et de la détention.
  • Former appel devant la chambre de l’instruction dans le délai de dix jours, avec référé-liberté si nécessaire.
  • Déposer des demandes de mise en liberté au moment opportun, avec des garanties sérieuses.
  • Contester les prolongations et veiller au respect des délais légaux.
  • Maintenir le lien avec la personne détenue et sa famille, notamment pour les permis de visite.

Questions fréquentes

Combien de temps peut durer une détention provisoire en matière criminelle ?

En matière criminelle, la détention provisoire est ordonnée pour un an au plus, puis peut être prolongée par périodes de six mois. Sa durée totale ne peut en principe excéder deux ans lorsque la peine encourue est inférieure à 20 ans, trois ans dans les autres cas, et quatre ans pour certains crimes (trafic de stupéfiants, terrorisme, crimes en bande organisée, extorsion…) (article 145-2 du Code de procédure pénale).

Peut-on demander une mise en liberté à tout moment ?

Oui. La personne placée en détention provisoire, ou son avocat, peut demander sa mise en liberté à tout moment de l’instruction. Si le juge d’instruction n’y fait pas droit, il transmet la demande au juge des libertés et de la détention, qui doit statuer dans un délai de trois jours ouvrables.

Dans quel délai faire appel d’un placement en détention provisoire ?

L’appel de l’ordonnance de placement en détention provisoire doit être formé dans un délai de dix jours. Il est examiné par la chambre de l’instruction. Un référé-liberté peut être formé en même temps, au plus tard le jour suivant la décision, pour obtenir un examen plus rapide.

La détention provisoire est-elle déduite de la peine ?

Oui. La durée de la détention provisoire est intégralement déduite de la peine privative de liberté éventuellement prononcée. En cas de non-lieu, de relaxe ou d’acquittement définitif, la personne peut demander réparation du préjudice causé par la détention.

Quelles alternatives à la détention provisoire ?

Le juge peut ordonner un contrôle judiciaire (obligations de pointer, interdiction de quitter le territoire, de rencontrer certaines personnes…) ou une assignation à résidence sous surveillance électronique. La défense s’attache à proposer des garanties concrètes rendant ces mesures suffisantes.

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Sources officielles

Ces informations sont générales et ne remplacent pas l’analyse de votre situation par un avocat.